samedi 24 décembre 2016

Les journalistes doivent avoir accès au tribunal !

                              
(Photo d'illustration)

Pourquoi le procureur de Saint-Pierre demande-t-il aux journalistes de « limiter (leur) présence (…) aux lieux dans lesquels se tiennent des audiences publiques » ? Interloqués par cette exigence pour le moins étrange, nos confrères se sont renseignés. Ils ont compris que le magistrat leur reproche de passer trop de temps dans des lieux pourtant accessibles au public, comme le greffe ou le couloir qui y mène.
Le Syndicat national des journalistes s’étonne de cette requête formulée dans un courriel envoyé ce 23 décembre à tous les journalistes qui couvrent les « faits divers » dans le Sud. Car c’est au greffe que peuvent être obtenues des informations aussi importantes que les comparutions immédiates et les jugements. Cette demande est d’autant plus surprenante que nos confrères de Saint-Pierre ont toutes les peines du monde à accéder aux audiences –publiques- du juge des libertés et de la détention, alors que la loi prévoit le libre accès du public. Quelle mouche a donc piqué le procureur pour qu’il cherche à restreindre encore plus l’accès du tribunal aux journalistes ?
Premier syndicat de la profession, le SNJ demande au procureur de revenir sur sa demande et de respecter le droit à l’information du public. Les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier sans contrainte, dans le respect de la loi.

Fait à Saint-Denis, le 23 décembre 2016

dimanche 18 décembre 2016

2017: attention aux abattements sur les cotisations sociales!

Si le salaire "brut abattu" ne correspond pas au salaire brut (en vert), cela signifie que des abattements sont pratiqués sur vos cotisations (colonne de gauche, rouge). Vos futures prestations seront donc diminuées. De plus, l'abattement sur l'assurance chômage est ILLEGAL.

La fin d'année approche... c'est le moment de préciser à votre employeur si vous acceptez qu'il pratique un abattement de 30% sur vos cotisations sociales. A supposer qu'il vous l'ait expliqué (ce n'est malheureusement pas le cas partout), votre employeur vous a sûrement dit que cet abattement augmenterait votre salaire.
C'est à la fois vrai et faux. Vrai parce que cet abattement diminue les cotisations sociales prélevées sur le salaire brut: cela augmente légèrement votre salaire net. Mais faux à long terme, parce que moins vous payez de cotisations, moins vous percevrez d'indemnités pendant votre retraite. Cela peut aussi avoir de graves incidences sur l'indemnisation des arrêts de maladie et maternité pour les pigistes. Comme votre employeur fait des économies, cela l'arrange...
Seuls les salaires supérieurs à 3600 euros net par mois (x13) permettent de ne pas subir de préjudice: très peu de journalistes réunionnais atteignent ce niveau de revenus!
Alors au SNJ on vous le répète: soyez vigilants, vérifiez si votre employeur pratique un abattement (voir photo).
Le bulletin de paie que nous publions ci-dessus est un bel exemple d'arnaque: un abattement est pratiqué sur l'assurance chômage (ce qui diminue les indemnités de chômage); l'abattement est pratiqué sur la tranche A de la retraite complémentaire (c'est illégal); il est pratiqué en décembre alors que normalement c'est plafonné (voir explications ci-dessous).
Si vous gagnez moins de 3600 euros par mois, nous vous conseillons de REFUSER cet abattement et de le signaler à votre employeur avant 2017. Il ne peut pas vous imposer cet abattement. Et votre choix s'appliquera pendant toute l'année 2017.

A lire aussi la fiche pratique pour les pigistes et l'explication technique ci-dessous.




lundi 21 novembre 2016

Condamné à payer près de 40 000 euros pour avoir licencié une pigiste


La résistance paie! C'est ce que vient de constater une journaliste pigiste qui avait contesté en 2014 son licenciement d'un média réunionnais. Plus précisément, elle a réussi à faire requalifier, par le tribunal des Prud'hommes, la fin de ses piges en "licenciement sans cause réelle et sérieuse". Comme d'habitude, l'employeur avait prétendu qu'il n'avait pas l'obligation de fournir du travail régulier à une pigiste, ou encore que c'est elle qui avait voulu démissionner. On connaît bien le refrain.
A la grande satisfaction de son avocat et du SNJ qui a soutenu cette consoeur dès le premier jour, le conseil des Prud'hommes a appliqué le droit. Dans un jugement daté du 17 novembre 2016, le tribunal condamne l'employeur à payer diverses sommes (rappel de salaires, indemnité de congés payés, dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, indemnité compensatrice de préavis, indemnité de licenciement...) pour un montant total de 39 957 euros. Soit près de 40 000 euros pour ne pas avoir respecté le droit du Travail et la Convention collective nationale du travail des journalistes. Voilà qui donne envie de combattre toutes les infractions au droit du Travail!
Comme il s'agit d'un jugement de première instance, l'employeur peut faire appel de cette décision.

Avis à ceux et celles qui estiment la carte de presse inutile. Dans l'affaire ci-dessus, l'avocat de l'employeur a tenté de faire croire que notre consoeur n'était pas journaliste (et n'avait donc pas droit aux indemnisations demandées) parce qu'elle "n'avait pas de carte de presse". Notre consoeur a montré sa carte au tribunal, ce qui a annulé d'office une partie des arguments adverses. Moralité: demandez toujours votre carte de presse, car sinon, d'autres se chargeront de vous le faire regretter!

Pour toute question sur les piges, rejoignez le groupe Facebook "Infos pigistes SNJ".

samedi 8 octobre 2016

"Publicité native" et "journalisme citoyen" au congrès national

 

 Que faire face à l'insidieuse invasion de la "publicité native" (native advertising)? C'est l'une des questions qui ont été abordées pendant les ateliers du congrès national du Syndicat national des journalistes à Nantes (5-7 octobre). Comme la loi Bloche va bientôt imposer la négociation de chartes déontologiques dans toutes les entreprises avant le 1er juillet 2017, le SNJ considère que c'est sa charte de déontologie qui doit être appliquée partout. Ne pas oublier: les rédacteurs ont le droit de refuser de signer un article; les secrétaires de rédaction ont le droit de refuser de mettre en page (éditorialiser) un article publicitaire.

Parmi les autres sujets abordés:
- Deux jours de débats ont été nécessaires pour voter un texte à propos de l'union syndicale Solidaires. Les congressistes exigent le respect des statuts de Solidaires. Le syndicat Sud-Culture et Médias Solidaires (Sud-Culture) doit s'engager à ne plus nommer de représentant journaliste ni présenter de candidat journaliste dans les entreprises et les instances paritaires où SNJ est présent. Faute de quoi le SNJ saisira la justice.
- Le rôle social du journaliste: l'information de qualité s'accommode mal de la précipitation. Une "information citoyenne" est au service du citoyen.
- Le témoignage d'une consoeur de Bahrein, ainsi que l'intervention d'Anthony Bellanger (secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes) nous rappellent combien ce métier peut être dangereux, y compris dans des pays qui ne sont pas en guerre et qui accueillent des millions de touristes. La Turquie compte actuellement 126 journalistes en prison (18 avant le coup d'Etat). Nous avons également évoqué le combat des journalistes de Madagascar contre le scandaleux "Code de la communication".

Collecte de solidarité pour la FIJ et les journalistes en danger.

jeudi 1 septembre 2016

Réunion conviviale vendredi 9 septembre


Amis et amies journalistes, le SNJ Réunion-océan Indien vous invite à une réunion conviviale vendredi 9 septembre à partir de 18 heures au Port.
Au programme:
- Les droits des journalistes face à tous ceux qui les nient
- La défense des journalistes précaires
- A quoi sert la carte de presse
- Les prochaines élections TPE/TPA (très petites entreprises, très petites associations)
- Questions diverses
Rendez-vous vendredi 9 septembre à 18 heures dans les locaux de Lofis la lang kréol (devant l'église Sainte-Jeanne-d'Arc du Port).
Inscription au cocktail dinatoire avant jeudi 8 septembre midi, auprès de Yannick (snjreunion@orange.fr).
Renseignements: Véronique, 06 92 01 52 99.

mardi 12 juillet 2016

Madagascar : Non au scandaleux Code de la communication !

La presse malagasy est particulièrement dynamique. (Photo V.H.)
Comment un gouvernement démocratique peut-il ainsi vouloir museler la presse de son pays ? C’est ce qui se passe à Madagascar, avec le vote d’un nouveau « Code de la communication » le 7 juillet dernier. Ce texte prévoit par exemple des amendes variant entre un et six millions d’ariary, alors qu’un rédacteur en chef gagne moins d’un million d’ariary (moins de 300 €) par mois. Les amendes prévues par l'article 20 de la loi sur la cybercriminalité vont jusqu'à 100 millions d'ariary (plus de 28 000 €). Elles s'appliquent pour les cas de diffamation des autorités politiques ou des agents publics.
Parmi les infractions (délits) de presse, on trouve par exemple « toute incitation, par tout support audiovisuel, à s’abstenir de participer à des fêtes nationales ». Ou encore la « publication, diffusion ou reproduction (d’une information) de nature à ébranler la confiance du public en la solidité de la monnaie ».

En cas de récidive dans ces « infractions de presse », le juge pourra ordonner la confiscation du matériel et fermer définitivement l’entreprise. De plus, la couverture audiovisuelle nationale serait réservée aux stations publiques, et interdites aux stations privées. Il est clair que ce texte vise à faire taire les médias d’opposition politique, ce qui est incompatible avec une véritable démocratie.

Sensible aux difficiles conditions de travail de nos confrères et consoeurs malagasy, le Syndicat national des journalistes (section Réunion-océan Indien) exprime son indignation suite à ce vote. Il demande aux autorités françaises de s’adresser au gouvernement malagasy pour lui demander de ne pas appliquer ce « Code de la communication ». Le SNJ Réunion-océan Indien fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider nos confrères et consoeurs malagasy, notamment le « Mouvement pour la liberté d’expression » qui rassemble au-delà des syndicats.
Ho ela velona anie ny fahalalahan'ny asa fanaovan-gazety ! (Vive la liberté de la presse!)


Voir aussi le communiqué de la Fédération internationale des journalistes.

samedi 25 juin 2016

Attestation d'employeur : prudence chez les pigistes !

Pigistes, n'hésitez pas à rejoindre le groupe sur Facebook.
Les  agents de Pôle emploi et les journalistes pigistes sont ignorants, les employeurs parfois aussi, mais très souvent ils fraudent. Attention : une attestation d’employeur sans raison peut vous attirer des ennuis. Une attestation mal remplie vous lèse.

L'attestation, dans quels cas ?
L'attestation d'employeur marque une rupture du contrat de travail. Elle est indispensable pour obtenir l'indemnisation par Pôle emploi, en cas de perte d'un employeur. C'est-à-dire en cas de fin légale du contrat de travail, écrit ou non, d'un salarié avec son employeur.

Les fins de contrat légales, pour les journalistes, ce sont les licenciements, les clauses de cession, de cessation de parution, de conscience, les ruptures conventionnelles, les fins de CDD, les démissions. Les démissions ne permettant une indemnisation que dans certains cas très précis.

Et pour les journalistes pigistes ?
Un journaliste rémunéré à la pige est, selon la loi, un salarié, présumé en CDI.
En effet, une personne qui est payée pour son travail et reçoit des bulletins de salaire (feuilles de paye en salaires) où les cotisations sociales sont indiquées est un salarié.
En l’absence d’un contrat de travail écrit, un salarié, journaliste ou non, est présumé être en CDI. Les journalistes, d’après le code du travail (L 7112-1), le sont aux conditions de notre convention collective, même s’ils n’ont pas un bulletin de salaire chaque mois, et même si le montant varie d’une fois à l’autre, comme c’est le cas des pigistes.
Un ou plusieurs mois sans travail ou bulletin de paye d’un employeur ne rompent pas le contrat en CDI (non écrit et à temps partiel) du journaliste pigiste
En l’absence d’un contrat de travail écrit, la mention « fin de CDD » ou de «CDDU » ne peut s’appliquer, tout CDD étant obligatoirement écrit, selon des critères précis.

Les fins de contrat légales qui donnent accès aux indemnités de Pôle emploi sont les mêmes pour tous les journalistes, y compris pigistes.

Une attestation mal remplie, c'est grave ?
En poste, à la pige ou en CDD, un formulaire mal rempli peut vous priver de certains de vos droits : début d’indemnisation retardé, montant diminué, et même refus du dossier. Ça se corrige, mais ce n’est pas toujours facile ni rapide.
En bref, pensez à vérifier que l’employeur a bien mis votre indemnité de départ dans la case des « indemnités dues aux journalistes » (et non pas dans celle des indemnités conventionnelles) ; qu’il ne déclare pas un salaire ou des cotisations abattus de 30 % sur la ligne dévolue à l’Assedic (l’abattement optionnel de 30 % n’est en aucun cas applicable aux cotisations Assedic) ; pour les pigistes, vérifiez qu’il n’a pas écrit « fin de piges » (aucune valeur légale), ni CDD ou CDDU en l’absence d’un contrat de travail écrit (ce qui peut entraîner une demande de trop-perçu).

Et si vous ne vous en sortez pas seul, un mail au SNJ (snj@snj.fr) permettra à votre interlocuteur de déceler l’origine du problème et, souvent, d’en obtenir la solution.  

(F. L.)

Sur Facebook, rejoignez le groupe "Infos pigistes SNJ".

jeudi 23 juin 2016

Contre la loi Travail: nous y étions et nous persistons

Le SNJ était ce jeudi matin devant les locaux du Medef (Sainte-Marie) pour redire son opposition à la loi Travail. Contrairement à l'objectif annoncé, cette loi ne va pas favoriser l'emploi, mais faciliter les licenciements. Or nous savons déjà combien il est facile de licencier des journalistes (et tous les autres salariés) sous les prétextes les plus divers et les plus malhonnêtes. Ensuite il est facile de les remplacer par des stagiaires ou des auto-entrepreneurs forcés. Ne lâchons pas l'affaire!

samedi 18 juin 2016

Licenciement injustifié... adjugé !


Le 31 mai 2016, les Prud'hommes de Saint-Denis ont acté : la société EPR VISU est condamnée pour licenciement sans cause réelle ni sérieuse. Pourquoi? Le 5 mai 2015, la responsable de rédaction du magazine réunionnais est tout bonnement remerciée sans qu'aucun reclassement n'ait été effectué. C'est d'ailleurs cette faute grave que les Prud'hommes ont mis en avant pour en arriver à leur décision. 
Cette triste affaire a débuté lundi 16 juin 2014, au matin, en réunion de rédaction. La journaliste, vivant une grave souffrance au travail, se voit contrainte de quitter la salle. Contre son gré, les médecins décident de l'arrêter. Un arrêt maladie qui durera hélas jusqu'au 5 mai 2015, date du licenciement effectué sans préavis. Vu les circonstances de ce licenciement qu'elle estime abusif, elle décide d'entamer une procédure aux Prud'hommes, avec le soutien du Syndicat national des journalistes. Pour diverses raisons administratives, il a fallu attendre le 31 mai 2016 pour connaître les délibérés. La journaliste a fait appel, demandant que soit retenu le harcèlement moral dans cette affaire.


mardi 14 juin 2016

Contre la loi Travail: nous y étions!

Journalistes et collègues de la presse: tous ensemble! (photo DR)
Ce n'est pas parce que nous sommes minoritaires que nous avons tort. Voilà ce que nous nous répétons à chaque fois que nous ne sommes que quelques journalistes à manifester contre la loi Travail. On vous a déjà répété combien cette loi est dangereuse (voir nos précédents posts). Alors pour ce mardi 14 juin, on va juste vous montrer que nous étions contents de défiler dans les rues de Saint-Denis avec nos camarades de la section Solidaires-médias du Quotidien de La Réunion. Nous n'étions qu'une poignée de journalistes du SNJ, mais convaincus que c'est le levain (minoritaire) qui fait lever la pâte (la masse). Alors, on vous dit: à la prochaine, on vous attend!

(Photo Patrick Georget)

(Photo Patrick Georget)

jeudi 9 juin 2016

Non à la dangereuse loi Travail! Manifestons tous mardi!


Ne nous laissons pas berner pas des discours pseudo-conciliants du gouvernement. La loi Travail (ou loi El Khomri) n'a rien perdu de son venin. Même après quelques adoucissements obtenus par la négociation, cette loi garde son objectif: favoriser les licenciements sous prétexte d'améliorer l'emploi.
Or les journalistes sont aussi menacés que les autres professions:
- La négociation d'entreprise pourra primer sur le contrat de travail. Autrement dit, dans les entreprises en difficulté (c'est-à-dire dans presque toute la presse) l'employeur pourra décider de supprimer des primes ou modifier la fonction des journalistes sans leur accord. Les mécontents seront licenciés.
- Pour qu'un accord d'entreprise (prévoyant par exemple les droits d'auteur ou des primes) soit valable, il devra être signé par des syndicats représentant 50% des salariés, ce qui est rare dans nos entreprises. Eh oui, car beaucoup de salariés ont peur de se faire remarquer simplement en votant!
- Faute d'accord avec les syndicats représentant 50% des salariés, avec cette loi, le patron pourra organiser un référendum à la demande des syndicats moins représentatifs (30%). Imaginez par exemple que l'employeur veuille un accord pour baisser tous les salaires (malgré le refus d'éventuels syndicats majoritaires). La question pourra être "Préférez-vous baisser votre salaire ou garder votre emploi?". Vous devinez la réponse... Et tout le monde verra son salaire baisser.
- Les heures supplémentaires seront moins payées. Ne croyez surtout pas que les journalistes ne sont pas concernés. Car même si nous effectuons beaucoup d'heures sup' non rémunérées, notre convention collective dit que nous pouvons les récupérer afin de ne pas dépasser le temps légal de travail. Grâce à cette disposition, certains journalistes ont obtenu au tribunal le paiement de leurs heures supplémentaires. Eh oui!
- Si nos employeurs peuvent nous licencier plus facilement, ils n'embaucheront pas plus de journalistes. Ils recruteront à notre place des stagiaires, des auto-entrepreneurs... bref des jeunes (ou moins jeunes) motivés, bosseurs... qui feront le travail d'un journaliste sans en avoir le salaire.

Alors n'hésitez pas: venez manifester mardi 14 juin à partir de 9 heures à Saint-Denis. Rendez-vous au Petit-Marché pour un défilé jusqu'à la préfecture. Le SNJ y sera avec l'union syndicale Solidaires.

Et n'hésitez pas à faire grève! Ne vous laissez pas culpabiliser par ceux qui clament qu'"il faut savoir arrêter une grève". Il faut avant tout savoir annuler les dangereux projets de loi!


Pour en savoir plus:
http://www.snj.fr/article/contre-la-loi-travail-tous-%C3%A0-paris-mardi-14-juin-1537332589
https://solidaires.org/-Retrait-de-la-loi-Travail-
http://www.huffingtonpost.fr/2016/05/10/loi-travail-el-khomri-493-entreprise-emploi-chomage_n_9883342.html
http://snj.fr/article/violences-polici%C3%A8res-les-syndicats-de-journalistes-re%C3%A7us-par-le-ministre-de-l%E2%80%99int%C3%A9rieur-1214459478
http://www.clicanoo.re/526155-loi-el-khomri-l-intersyndicale-en-ordre-de-marche-pour-le-14-juin.html

dimanche 8 mai 2016

Il est venu, le temps de déclarer vos revenus


Comme chaque année, le SNJ vous rappelle que c'est la saison de votre déclaration de revenus. A La Réunion, vous avez jusqu'au 18 mai pour remplir et expédier la déclaration sur papier, et jusqu'au 7 juin pour la déclaration Internet.
Principale caractéristique de notre profession: l'allocation pour frais d'emploi, qui vous permet de déduire 7650 euros de vos revenus tirés du journalisme. Voir les détails sur le site national du SNJ. Notez aussi que la cotisation au SNJ vous donne droit à une réduction d'impôt. Et si vous n'êtes pas imposable, le fisc vous la rembourse partiellement. N'hésitez plus à adhérer au SNJ!
Petite nouveauté cette année: la prime d'activité n'est plus liée à la déclaration de revenus, mais eux prestations versées par la caisse d'allocations familiales.
Petit rappel: si votre employeur vous a imposé de travailler "sur factures" et/ou avec un statut d'auto-entrepreneur (qui vous empêche de percevoir cette allocation pour frais d'emploi), sachez qu'il y a des moyens de modifier la situation. Contactez quelqu'un du SNJ, et rejoignez le groupe Facebook "Infos pigistes SNJ".

1er mai. Petite précision de saison: ceux et celles qui ont travaillé le 1er mai doivent être payés double pour cette journée, même s'ils peuvent la "récupérer" ensuite. Vérifiez vos bulletins de salaire de mai. Voir nos précisions sur notre blog.

V.H.


jeudi 28 avril 2016

D'une manif à l'autre: rendez-vous dimanche 1er mai!

Le SNJ avec les camarades de l'union syndicale Solidaires.
Les manifestations de ce jeudi 28 avril étaient peu fournies, mais le SNJ ne se décourage pas. Notre conviction est faite: la loi Travail ne peut qu'aggraver la situation de l'emploi, contrairement à ce que prétend la propagande gouvernementale. Nos employeurs meurent d'envie de supprimer nos RTT, baisser nos salaires... tout en exigeant toujours plus de compétences de la part des jeunes journalistes.
Nous ne devons pas laisser passer ça!

Nous invitons tous les journalistes et tous les autres citoyens à manifester dimanche matin 1er mai avec nous, derrière la banderole "Soutien aux salariés du JIR". Rendez-vous à partir de 9 heures au jardin de l'Etat (Saint-Denis).




Le SNJ-Réunion océan Indien vous propose toujours d'écrire à nos députés, censés défendre nos droits et nous représenter. Voici une lettre-type que vous pouvez leur envoyer; les adresses figurent ci-dessous.

Madame la Députée, Monsieur le Député,
J’ai lu le projet de loi dite « El Khomri » qui modifiera le Code du travail. Les rédacteurs de ce texte savent-ils ce que c’est que de travailler dans une entreprise ? De se retrouver au chômage ? Comment peuvent-ils imaginer une seconde qu’en facilitant les licenciements, vous allez améliorer l’emploi en France ? N’avez-vous pas compris que si un employeur licencie une personne, il la remplacera au mieux par un salarié, ou par deux payés moitié moins ? Je ne comprendrai pas votre aveuglement si vous votez ce texte, et je m’en souviendrai lors des prochaines élections.
Cordialement,



mardi 26 avril 2016

La loi Travail ne doit pas être votée!

Tous en grève et en manifestation jeudi matin


Chez les journalistes, on expérimente déjà ce que va provoquer la "loi Travail" ou "loi El Khomri" si elle est votée. En ce mois d'avril 2016, deux entreprises de presse réunionnaise suppriment des postes et tentent de remplacer des journalistes salariés par des jeunes, qui ne seront plus salariés mais "payés sur facture", c'est-à-dire auto-entrepreneurs forcés. Sans droit aux remboursements de santé, encore moins aux prestations de chômage ou au moindre congé de maternité. Voilà le "progrès" que nous annonce la loi "El Khomri" qui fait rêver à des emplois en facilitant les licenciements.
Le SNJ s'indigne évidemment de cette scandaleuse manipulation, et invite tous les journalistes (et tous les autres citoyens) à manifester ce jeudi 28 avril à partir de 9 heures. Rendez-vous devant la préfecture à Saint-Denis, ou devant le jardin de la plage à Saint-Pierre (défilé jusqu'à la mairie). Nous invitons également tous les journalistes à faire grève ce jeudi (http://www.solidaires.org/-Retrait-de-la-loi-Travail-)... sauf bien sûr ceux et celles dont la situation précaire ne le permet pas.

Le SNJ-Réunion océan Indien vous propose également d'écrire à nos députés, censés défendre nos droits et nous représenter. Voici une lettre-type que vous pouvez leur envoyer; les adresses figurent ci-dessous.

Madame la Députée, Monsieur le Député,
J’ai lu le projet de loi dite « El Khomri » qui modifiera le Code du travail. Les rédacteurs de ce texte savent-ils ce que c’est que de travailler dans une entreprise ? De se retrouver au chômage ? Comment peuvent-ils imaginer une seconde qu’en facilitant les licenciements, vous allez améliorer l’emploi en France ? N’avez-vous pas compris que si un employeur licencie une personne, il la remplacera au mieux par un salarié, ou par deux payés moitié moins ? Je ne comprendrai pas votre aveuglement si vous votez ce texte, et je m’en souviendrai lors des prochaines élections.
Cordialement,

A noter dès maintenant sur vos agendas: venez défiler le 1er mai à Saint-Denis pour soutenir les salariés du Journal de l'île de La Réunion, actuellement en redressement judiciaire.

dimanche 10 avril 2016

Tous contre le projet de loi Travail!

Samedi matin, au rassemblement devant la préfecture de Saint-Denis. (Photo DR)
Le Syndicat national des journalistes a participé samedi aux manifestations contre le projet de loi Travail (projet El Khomri). A Saint-Denis, nous avons pris la parole sur deux thèmes:
1. Le monde des médias est le laboratoire d'expérimentation de ce projet de loi qui prétend améliorer l'emploi en favorisant les licenciements. Chez les journalistes nous savons déjà comment un employeur peut remplacer une personne par deux personnes deux fois moins payées. Et nous savons aussi que ces personnes (salariés à temps partiel, pigistes, intermittents...) peuvent ensuite être remplacées par d'autres personnes qui subiront le chantage suivant: "Si tu veux du boulot, tu t'inscris en indépendant ou comme auto-entrepreneur, et tu fais des factures". Adieu les cotisations sociales, le droit au congé de maternité, à la retraite, aux allocations de chômage... Lire également notre site national.
2. La presse est en danger, il faut la soutenir. C'est actuellement le Journal de l'île de La Réunion qui est en redressement judiciaire, mais les difficultés touchent tous les médias. Nous comptons sur l'ensemble du mouvement syndical pour nous soutenir. Première consigne: si vous aimez la presse écrite, achetez-la pour la faire vivre!

Le SNJ appelle tous les journalistes à participer à toutes les actions contre le projet de loi Travail. 

jeudi 7 avril 2016

Mobilisation samedi contre la loi licenciements


Le SNJ appelle les journalistes à participer aux manifestations du 9 avril pour le retrait total du projet de loi El Khomri, nocif pour le droit du travail et les salariés.
Les quelques « mesurettes » concédées sous la pression des premières manifestations n’ont pas changé l’esprit du texte, qui continue à remettre en cause la hiérarchie des normes dans la négociation collective, ce qui revient à donner les moyens aux employeurs de détricoter progressivement le Code du travail. Possibilité de licencier sans démontrer les difficultés économiques, possibilité de contourner les syndicats en organisant des référendums, possibilité par accord d'imposer aux salariés une baisse de leur salaire et une augmentation de leur temps de travail, la liste est longue des reculs sociaux dont le gouvernement entend faire cadeau à nos chers patrons !

Qui peut croire à l’idée que faciliter les licenciements collectifs ou individuels, facilitera les embauches ? Ce sera au contraire une extension à tous les salariés d'une situation déjà trop connue chez les journalistes. On licencie un(e) journaliste permanent(e) pour le/la remplacer par un(e) ou deux pigistes. Puis on fait du chantage: si tu veux garder ton boulot, inscris-toi comme indépendant ou comme auto-entrepreneur. Avec des revenus si bas qu'il est impossible de payer ses cotisations maladie et retraite, sans parler du congé de maternité. Et le tour est joué! Désormais tous les salariés seront soumis aux mêmes chantages.

Cette loi Travail est une loi licenciements !

Rendez-vous samedi 9 avril à partir de 9 heures devant la préfecture à Saint-Denis, et à partir de 14 heures sur le front de mer de Saint-Pierre. Le SNJ, membre de l'Union syndicale Solidaires, appelle tous les journalistes à y participer.



vendredi 1 avril 2016

Contre le projet El Khomri: le SNJ était dans la rue

La manifestation à Saint-Pierre (photos Véronique Tournier)
Au milieu des 5000 à 6000 manifestants à La Réunion, le SNJ semblait tout petit jeudi matin lors de la mobilisation contre la loi El Khomri (ou plus exactement la loi Valls-Macron-Gattaz). A Saint-Pierre nous étions une dizaine de militants derrière le beau drapeau vert (couleur de l'espoir). Et à Saint-Denis nous n'avons compté que deux petits drapeaux pour deux manifestantes... mais beaucoup de sympathisants parmi les nombreux confrères qui ont (bien) couvert l'évènement. Nous étions bien entendu au milieu de nos camarades de l'union syndicale Solidaires.
Il ne faut pas oublier les grévistes (une demi-douzaine au Quotidien, plusieurs à Réunion 1ère, une au Journal de l'île de La Réunion...) qui montrent que les journalistes savent se mobiliser. Car ne l'oublions pas: ce projet de loi ne fera qu'aggraver la précarité, déjà scandaleuse chez les journalistes. Désormais, si cette loi est votée, dans toutes les professions l'employeur pourra organiser un référendum avec une question de ce genre: "Préférez-vous qu'on ferme l'entreprise ou qu'on baisse vos salaires pour sauver vos emplois?" Cochez la bonne réponse... Et restez vigilants pour les prochaines manifs!






dimanche 20 mars 2016

Tous en grève jeudi 31 mars contre le projet El Khomri !

Manifestation à Saint-Denis (RDV 9 h au Petit-Marché)
Manifestation à Saint-Pierre (RDV 9h mairie)


Le 31 mars 2016, les organisations syndicales FO, CGTR, FSU, Solidaires et UNEF de La Réunion exigent le retrait de la loi EL KHOMRI et appellent à la mobilisation de tous les salariés du  public et du privé, chômeurs, retraités, étudiants et lycéens.

Après le Pacte de Responsabilité qui exonère le patronat de 41 milliards de cotisations sociales et fiscales et s'accompagne de 50 milliards de baisse des dépenses publiques, le travail du dimanche, la faiblesse des salaires, le gouvernement entend détruire le Code du Travail.

Ce projet de loi prévoit qu’un accord d’entreprise puisse déroger à la Convention Collective et au Code du Travail au détriment des salariés. Il n’y aurait donc plus de garanties ni protections collectives nationales en matière de temps de travail et de rémunération des heures supplémentaires. Chaque entreprise ferait alors sa "loi" et pourrait définir ses propres règles.

La hiérarchie des normes et le principe de faveur, qui constituent le socle des conquêtes sociales arrachées depuis plus d’un siècle, seraient détruits. Les salariés et leurs organisations syndicales seraient livrés, entreprise par entreprise, à l’arbitraire patronal.

La hiérarchie des normes protège les droits des salariés. En effet, elle prévoit que:
·                              une convention collective nationale (CCN) définissant les droits des salariés ne puisse qu’améliorer le Code du Travail ;
·                              un accord de branche ne puisse qu’améliorer la CCN ;
·                              un accord d’entreprise ne puisse qu’améliorer l’accord de branche
·                              un contrat de travail ne puisse qu’améliorer un accord d’entreprise.

Quant au principe de faveur, il prévoit que c’est la règle la plus favorable aux salariés qui s’applique lorsque plusieurs textes sont en concurrence.

C’est, entre autre cela que veut mettre à bas le gouvernement !
Celui-ci entend également autoriser voire inciter les licenciements sans motif, donnant carte blanche aux employeurs pour faire la loi chez eux et imposer leurs diktats aux salariés.

Les patrons seraient autorisés à licencier ou à baisser les salaires pour gagner des marchés ou rendre l’entreprise plus "compétitive", même en l’absence de difficultés économiques.

La voix de la majorité syndicale, la démocratie syndicale seraient bafouées par le référendum dans l’entreprise.

Aujourd’hui, le monde du travail et la jeunesse sont en danger.
Ce projet ne créera pas d'emplois, au contraire !

TOUS ENSEMBLE, ORGANISONS LA RIPOSTE
EXIGEONS LE RETRAIT DE LA LOI EL KHOMRI !

QUELLES SERAIENT LES CONSEQUENCES POUR LES SALARIES ?

Ø    Possibilité de 12 h de travail par jour et 60 h par semaine
Ø    Modulation du temps de travail jusqu'à 3 ans, et heures supplémentaires sous payées voire pas payées du tout mais seulement compensées
Ø    Des CDD sur des emplois permanents au lieu des CDI !!!
Ø    Licenciement pour motif personnel et non plus économique si un salarié refuse une baisse de salaire ou une modification de son contrat de travail
Ø    Barème indicatif des indemnités de licenciement
Ø    Fin des accords à durée illimitée (ainsi les droits et garanties acquis par les salariés pourraient constamment être remis en cause)

Ø    Référendum dans les entreprises pour imposer des accords et contourner les syndicats majoritaires qui s’y opposent


vendredi 11 mars 2016

Pas touche à la protection des sources !

Manifestation de soutien à Charlie Hebdo, janvier 2015, Saint-Pierre.
Mais que fait la police ? Mercredi, un de nos collègues du Journal de l'île, faits-diversier à Saint-Pierre, a eu à faire face à des pressions de la part de la police, une officière des « boeufs carotte » lui demandant ni plus ni moins, avec insistance, que de « balancer » ses sources, au mépris des règles les plus élémentaires du droit et de notre déontologie professionnelle.

Ce collègue avait été convoqué au commissariat de Saint-Pierre dans le cadre d’une enquête préliminaire ordonnée par le procureur de Saint-Pierre pour « violation du secret professionnel ». Le magistrat soupçonne des fuites dans une affaire de décès suspect.

En concertation avec sa rédaction en chef, le journaliste du JIR s'était rendu de lui-même au commissariat. Mais une fois sur place, à son grand étonnement, il s'est trouvé confronté à une capitaine de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui a entrepris avec insistance de lui tirer les vers du nez. A deux reprises, elle lui demandé s’il avait été en contact avec l’un des policiers visés par l’enquête et s’il avait eu « connaissance de détails judiciaires ». « Je n'ai pas à vous répondre », a simplement, et fort justement, répondu notre collègue.

Ce faisant, il a fait honneur à notre charte d’éthique professionnelle, selon laquelle un journaliste digne de ce nom « garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ».

On ne peut pas dire autant de cette officier de l'IGPN, qui devrait pourtant savoir que la protection des sources des journalistes est garantie par le droit français et européen. Et notamment  par l'Article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, dont la jurisprudence souligne qu'il s'agit d'« une des pierres angulaires de la liberté de presse ».

La Commission nationale consultative des droits de l'Homme, elle, rappelle que «  protéger le secret de sources des journalistes ne tient pas à la nécessité de défendre un intérêt corporatiste des journalistes : c’est une garantie essentielle pour le fonctionnement de notre démocratie ».


Le SNJ Océan Indien apporte son entier soutien à ce collègue et dénonce fermement toute tentative de pression et d'intimidation visant à porter atteinte à la liberté d'expression et aux valeurs de notre profession.

mercredi 3 février 2016

Soutien à nos confrères du JIR en redressement judiciaire

Les salariés du JIR devant le tribunal de commerce de Saint-Denis. (Photo SNJ)
Le Journal de l'île a été placé ce mercredi 3 février en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Saint-Denis. Cette procédure permet à l'entreprise de continuer à fonctionner et à payer les salaires. Elle entraînera vraisemblablement la négociation d'un plan social. Bien entendu, le Syndicat national des journalistes continuera à soutenir les salariés pendant ces jours difficiles. 
Voici le communiqué diffusé par les élus du comité d'entreprise du JIR, où siègent quatre élus du SNJ: 

            Comme l'édito du président du JIR, Abdoul Cadjee, l'avait annoncé le 28 janvier dernier dans nos colonnes, le JIR a demandé aujourd'hui l'ouverture d'une procédure collective : le tribunal de commerce de Saint-Denis vient de prononcer le placement en redressement judiciaire de l'entreprise. L'étude Baronnie-Langet, qui suivait déjà le groupe Cadjee ces derniers mois, et l'étude Chavaux-Picard ont été nommés co-administrateurs judiciaires.
            A l'instar de nombreux titres en métropole, le JIR fait face aujourd'hui à des difficultés financières importantes. Malgré tout, les 157 salariés de l'entreprise ne baissent pas les bras et continuent de se battre. Nous espérons maintenant que le travail entamé par l'administrateur, en collaboration avec la direction, permettra de relancer le titre. Les élus du comité d'entreprise seront eux très vigilants sur le volet social.
            En 65 ans d'existence, le JIR a affronté de nombreuses tempêtes... Nous souhaitons que cette épreuve permette au journal d'être encore le témoin privilégié des prochaines pages de l'histoire de notre île.


lundi 1 février 2016

Free Dom flique pour mieux licencier

Ce n’est pas une surprise : notre consœur Maryline Dansi a reçu le 28 janvier dernier une lettre de Free Dom lui annonçant son « licenciement pour faute grave » (voir ci-dessous). Comme nous l’avons précédemment écrit, cette « faute grave » est en réalité un catalogue d’accusations toutes plus absurdes les unes que les autres.

Dans cette affaire, le SNJ note une innovation patronale. A partir du moment où notre consœur a saisi le conseil des Prud'hommes pour faire valoir ses droits, Free Dom a mis en place un système inédit de flicage des journalistes : obligation d’envoyer un SMS au début et à la fin de chaque reportage (ou quand un reportage dure plus d’une heure) pour informer la responsable d’antenne (qui n’est pas journaliste) ; obligation de remplir quotidiennement des « fiches terrain », etc (lire ci-dessous).

Au SNJ nous avions tout de suite compris qu’il s’agissait là d’une méthode censée démontrer que notre consœur ne faisait pas son travail. C’est exactement ce qui s’est passé : dans la procédure au tribunal des Prud’hommes, Free Dom accuse notre consœur d’avoir menti en déclarant ses heures de travail, par exemple sur le déferrement du juge Karki. Alors que tous les confrères savent que ce jour-là elle a passé sa journée et une partie de la nuit au tribunal, Free Dom affirme qu’elle n’a travaillé que "21 minutes". Puis l'employeur change d'avis et parle de "cinq heures" de travail dans la journée!

Free Dom lui reproche aussi de ne pas avoir travaillé pour Free Dom2, alors que ces tâches ne sont nullement prévues par son contrat de travail.

L’employeur accuse Maryline d’avoir proféré des « menaces » et affirme que des exemples lui ont été donnés lors de l’entretien préalable au licenciement. Il n’en est rien : Camille Sudre s’est contenté de demander avec insistance à notre consœur si elle avait bien formulé des menaces… ou si elle aurait pu les proférer!

Nous notons par ailleurs que Maryline n’a pas pu être assistée lors de son entretien préalable au licenciement, puisque la déléguée du personnel lui a refusé son assistance.
Free Dom aura bien du mal à prouver toutes ses accusations contre Maryline, notamment sa « volonté de nuire à la radio », devant le conseil des prud'hommes. Le SNJ continuera d’y soutenir  notre consoeur pour faire respecter les droits des journalistes et leur convention collective.




La "fiche terrain" obligatoire chez Free Dom:

Une "fiche terrain" doit être remplie chaque jour. Il faut mentionner un intitulé pour chaque reportage, le lieu, l’heure de début et l’heure de fin du reportage, le nombre de sonores envoyés, le nombre de kilomètres effectués pour chaque reportage, si des heures supplémentaires ont été réalisées, le nom de l’avaliseur pour les heures supplémentaires, le nombre d’heures passées à la radio, le motif de présence à la radio, le nombre total de kilomètres effectués au cours de la journée de travail... Pourtant les déplacements ne sont pas indemnisés sur la base de frais kilométriques, et le temps de trajet entre deux reportages est parfois contesté par l’employeur qui préfère se fier à Mappy. Lors des 6 derniers mois, près de 5 modèles différents de "fiches terrain" ont été imposés au personnel, avec de nouvelles cases à remplir à chaque fois.